Foire Aux Questions (F.A.Q.)

La thématique du haut potentiel soulève plusieurs questions importantes. Certaines n’ont pas, et ne trouveront peut-être pas de réponses définitives. Ci-dessous nous apportons quelques points de réponses aux interrogations que nous considérons comme les plus problématiques. Partie du site en cours de construction

Identification des enfants à haut potentiel

Quel critère utilise t-on pour identifier un enfant à haut potentiel ?

Actuellement, en France, le principal critère utilisé pour identifier un enfant à haut potentiel est le Quotient Intellectuel (Q.I.) fondé sur la définition de l’intelligence de Weschler. En 2002, le rapport Delaubier indiquait que le test d’intelligence le plus utilisé pour évaluer le Q.I. était le Weschler Intelligence Scale for Children version III – WISC III (1996). Depuis 2006, une nouvelle version de cette mesure (le WISC IV) a été éditée et rend ainsi la précédente version obsolète. Notons qu’en dépit de cette prépondérance d’une conception unitaire et globale de l’intelligence dans l’identification du haut potentiel, des approches alternatives multidimensionnelles tendent à se développer et à être de plus en plus prise en compte (voir question/réponse ci-dessous).

Qu’est ce qu’un Quotient Intellectuel ? Quelles sont les normes associées ?

A l’origine de sa définition, le Q.I. établissait le rapport entre l’âge

mental et l’âge réel d’un enfant. (Stern, 1912). Il faisait donc référence à un niveau de développement et permettait de conclure si un enfant était ou non en avance par rapport à sa classe d’âge (notion de précocité intellectuelle). Avec Weschler (1939), ce Q.I. de développement a été délaissé au profit d’un nouvel indice appelé Q.I. standard. Ce nouveau Q.I. est l’indice psychométrique qui sert actuellement de principal critère d’identification des enfants à haut potentiel. A l’origine de ce quotient intellectuel standard il y a la volonté de Weschler (1956) de créer une « métrique » permettant de classer les individus d’un même groupe d’âge les uns par rapport aux autres. Il ne permet donc plus de déterminer une avance ou un retard de développement mais de classer les enfants par rangs en fonction de leurs performances intellectuelles et de leur classe d’âge. Par construction statistique, il été décidé que le Q.I. standard moyen a pour valeur 100. De même, il a été décidé que chaque niveau intellectuel (chaque rang/classe) est séparé par un écart (écart-type) d’une valeur de 15 points. Ainsi un enfant ayant un Q.I. de 115 est un enfant qui se situe à un écart-type au dessus du niveau moyen. Le graphe ci-dessous représente la distribution théorique de l’intelligence globale et donc du Q.I. dans la population. Cette distribution « normale » montre que la majorité des enfants issus de la population générale présentent un Q.I. autour de la valeur 100 et que rares sont les enfants présentant des Q.I. à valeurs extrêmes (Q.I. = 55 ou Q.I. = 145).

En règle générale, dans la pratique, on considère qu’un enfant dont le Q.I. est au moins égal à 130 est un enfant à haut potentiel car son niveau de performance le situe deux écart-types au dessus du Q.I. moyen. Cette règle doit être nuancée par un examen attentif du profil de résultats de l’enfant. Par ailleurs, le psychologue doit tenir compte de ce que nous appelons l’erreur de mesure inhérente à toute évaluation psychologique en précisant un intervalle de confiance qui situe le résultat de l’enfant dans une fourchette de valeurs probables.

Existe-t-il des méthodes d’identification alternatives ?

La démarche d’identification basée sur la seule mesure du Q.I. correspond à une approche algorithmique : à partir d’un indice quantitatif sélectionné on pose un seuil qui servira de critère d’identification (par exemple un Q.I. égal à 130). Deux autres approches moins répandues existent néanmoins.

Une approche clinique ne s’appuiera pas uniquement sur un critère quantitatif strict mais proposera en supplément une analyse qualitative des caractéristiques de l’enfant. Ainsi la mesure du Q.I. pourra être complétée par des entretiens cliniques et/ou par l’administration d’autres outils. Des mesures projectives de personnalité sont parfois utilisées pour évaluer les motivations et la personnalité de l’enfant.

Une approche « cybernétique »se fonde sur la sélection d’enfants susceptibles d’intégrer des programmes éducatifs spécifiques. Cette identification se déroule en deux étapes. Dans un premier temps des enfants reconnus comme très performants et très compétents dans un milieu scolaire classique sont choisis pour suivre un programme pédagogique différencié. Dans un second temps, les résultats scolaires recueillis à l’issue de ce programme servent à valider/confirmer le haut potentiel de ces enfants.

Quel est le pourcentage d’enfants à haut potentiel ?

D’un point de vue théorique, et d’après la distribution statistique du Q.I., il est attendu que 2,3% des enfants d’une classe d’âge obtiennent un Q.I. moyen supérieur à 130. Compte tenu des critères en usage en France, ils sont alors identifiés comme des enfants présentant un haut potentiel. Pour estimer plus précisément à combien d’individus correspond ce pourcentage de 2.3%, il suffit dès lors de connaître le nombre d’enfants appartenant à une classe d’âge donnée.

Description des enfants à haut potentiel

Existe-t-il un lien entre le haut potentiel et la créativité ?

Dans le domaine de la psychologie scientifique, la créativité est définie comme la production d’idées nouvelles, originales et adaptées. Des théories récentes supposent que le haut potentiel ne correspond pas uniquement à un niveau d’intelligence supérieur à la moyenne mais réfère aussi à une plus grande créativité (Treffinger, 1980 ; Ziegler & Heller, 2000). Il est en fait considéré que la créativité est une forme particulière de haut potentiel. Ainsi Freeman (1997), dans une étude longitudinale regroupant 169 enfants à haut potentiel suivis pendant 27 ans, montre l’existence de deux types d’EHP : les enfants diplômés à « haut potentiel académique » et les enfants « créatifs ». Ces enfants se distingueraient au niveau de leur intérêt/motivation, de leurs traits de personnalité, de leur intégration dans l’école et de leur environnement. Malgré ces informations, rares sont les démarches cliniques et scientifiques intégrant l’évaluation des compétences créatives des enfants à haut potentiel. Une enquête menée aux Etats-Unis montre que sur 418 circonscriptions d’école examinées, 70 % adhèrent à l’idée que la créativité fait partie du haut potentiel, mais seules 35 % d’entre elles intègrent des mesures de créativité dans les procédures d’identification du haut potentiel.

Enfants à haut potentiel en difficulté

Qu’est ce qu’un enfant dit « sous-réalisateur » (underachiever en anglais) ?

La sous-réalisation correspond à un décalage entre le potentiel de l’enfant et ses performances. Mais la sous-réalisation ne signifie pas obligatoirement que les résultats obtenus à l’école sont inférieurs au niveau moyen de la classe d’âge à laquelle l’enfant à haut potentiel appartient.

Qu’est ce que la Dyssynchronie ?

La dyssynchronie décrit le ressenti vécu par certains enfants à haut potentiel. En effet, ces derniers ont un développement intellectuel rapide ; cependant, la sphère cognitive n’est pas la seule à prendre en considération. Or, ces enfants présentent souvent un décalage entre leur développement affectif et leur maturation psychomotrice qui est moins avancée ; c’est ce que l’on nomme dyssynchronie interne. Par ailleurs, il arrive que les acteurs de l’environnement scolaire et parfois même les parents attendent des enfants à haut potentiel un comportement dans la norme de leur âge ; ces enfants ressentent ce qui est attendu d’eux mais n’arrivent pas toujours à cette norme. Ainsi, le décalage entre ce que l’on attend d’eux et ce qu’ils sont correspond à la dyssynchronie sociale. De multiples difficultés peuvent ainsi résulter de leur développement hétérogène et de l’incompréhension de leur environnement.

Prise en charge

Existe-t-il des stratégies pédagogiques adaptées aux enfants à haut potentiel ?

Il existe plusieurs mesures pédagogiques pour les enfants à haut potentiel, notamment : L’accélération : on distingue deux types de parcours accéléré (1) le saut de classe ; (2) le programme compacté c’est-à-dire que le programme scolaire normal est proposé en un nombre d’années moindre ; L’enrichissement : le but de ces programmes est de tirer profit de la progression plus rapide des enfants à haut potentiel pour leur proposer des activités qui ne figurent pas dans les programmes scolaires mais dont on pense qu’elles leur seront utiles pour réaliser leur potentiel (créativité, réflexion sur les métiers…)

Ces stratégies existent-elle en France ?

L’accélération existe en France, principalement le saut de classe. Pour l’enrichissement, il est plus difficile d’y avoir accès. Cependant, certains établissements (principalement privés) proposent des programmes spécifiques pour les enfants à haut potentiel qui peuvent comporter des parcours compactés ou des activités d’enrichissement. Pour de plus amples informations, il est possible de se référer à l’article écrit par Vrignaud (2003) dans « Psychologie différentielle : recherches et réflexions » (pp.117-121).

Publications

Enfants exceptionnels : Précocité intellectuelle, haut potentiel et talent. Coordonné par le Pr Todd Lubart. Edition Bréal, 271 pages.

Ce livre à destination des étudiants contient différents chapitres spécifiques : Concepts, définitions et théories, Les différences individuelles chez les enfants à haut potentiel. Approfondir : L’identification des enfants à haut potentiel : vers une approche multidimensionnelle ; Approche cognitive : l’étude de calculateurs prodiges et d’enfants à haut potentiel en mathématiques ; Approche développementale et neuropsychologique des enfants à  » hautes potentialités  » ; Aspects socio-émotionnels du haut potentiel ; Approche clinique des enfants à haut potentiel Approches psychopathologiques des enfants surdoués ; Modes de scolarisation des enfants intellectuellement précoces ; Sous-réalisation chez les enfants à haut potentiel approches, conseils et solutions.

Enfants surdoués en difficulté : De l’identification à une prise en charge adaptée. Coordonné par le Pr Sylvie Tordjman. Presses Universitaires de Rennes.

Note de l’éditeur : ouvrage consacré aux enfants surdoués en difficulté. Nous espérons, par ce livre, sensibiliser toutes les personnes concernées par la précocité intellectuelle, au travers d’une approche multidisciplinaire impliquant les parents, les équipes pédagogiques, les chercheurs, les psychothérapeutes et les services publics de psychiatrie infanto-juvénile, pour que puissent émerger des perspectives communes sur un dépistage précoce ainsi qu’une prise en charge thérapeutique et scolaire adaptée aux enfants surdoués en difficulté, dont la souffrance est souvent méconnue. Rappelons cependant, que tous les enfants présentant des troubles du comportement ne sont pas des surdoués, et que les enfants surdoués ne sont pas tous en difficulté. Notre préoccupation est de permettre à tous les enfants concernés de sortir de leurs difficultés, afin que leur haut potentiel soit utilisé avec une ouverture sur l’environnement extérieur (vers une créativité et une amélioration des interactions sociales), et ne devienne pas un handicap.

Caroff, X. (2004). « L’identification des enfants à haut potentiel : Quelles perspectives pour l’approche psychométrique ? » Psychologie Française 49(3) : 233-251. La question de l’identification des enfants à haut potentiel occupe une place paradoxale dans la littérature scientifique. Ce thème de recherche est largement minoritaire, malgré la complexité des questions soulevées. La notion d’identification présente plusieurs facettes lorsqu’elle s’applique aux enfants à haut potentiel. Au plan théorique, les définitions de la précocité sont susceptibles de varier ; au plan méthodologique, les domaines mesurés, les techniques d’évaluation et les critères utilisés sont eux-aussi extrêmement variables. Les limites de l’approche psychométrique « classique » de l’identification sont présentées à partir de l’exemple du WISC. Différentes questions sont abordées : la valeur du seuil d’identification, la pertinence des normes disponibles et les qualités métriques du test. La dernière partie envisage les perspectives offertes par les modèles de réponse à l’item pour renouveler l’approche psychométrique de l’identification. (PsycINFO Database Record (c) 2007 APA, all rights reserved) (from the journal abstract)

Guignard, J. H. and F. F. Zenasni (2004). « Les caractéristiques émotionnelles des enfants à haut potentiel. » Psychologie Française 49(3) : 305-319. La littérature fait de plus en plus état du rôle que jouent les composantes émotionnelles dans l’émergence d’un haut potentiel intellectuel. Par ailleurs, les intrications multidimensionnelles dans le développement d’un potentiel élevé dans un domaine ont souvent été relatées dans le domaine de l’éducation. Ainsi, certains praticiens, pensent que les enfants à haut potentiel pourraient se distinguer par un univers affectif hors norme. De ce point de vue, la combinaison entre des aptitudes intellectuelles élevées et des caractéristiques émotionnelles particulières fourniraient un cadre d’interaction avec l’environnement propice à l’expression d’un potentiel élevé dans un domaine. Cet article passe en revue différents aspects émotionnels (compétences émotionnelles, anxiété, intensité émotionnelle) susceptibles de mieux décrire les individus à haut potentiel, en s’appuyant sur un certain nombre d’études empiriques déjà réalisées dans ce domaine de recherche. (PsycINFO Database Record (c) 2007 APA, all rights reserved) (from the journal abstract)

Lautrey, J. (2004). « Hauts potentiels et talents : La position actuelle du problème. » Psychologie Française 49(3) : 219-232.Cette introduction au numéro spécial de la revue Psychologie française sur la précocité intellectuelle fait d’abord le point sur l’évolution des idées sur l’intelligence. L’extension du concept d’intelligence et la distinction entre différentes formes d’intelligence, ne sont en effet pas sans répercussions sur la définition de la précocité et sur la façon de l’évaluer. Les grandes lignes de l’état de la recherche dans ce domaine, en France et dans le monde, sont ensuite discutées, avant de présenter les différentes contributions à ce numéro spécial. (PsycINFO Database Record (c) 2007 APA, all rights reserved) (from the journal abstract)

Lautrey, J. (2004). « Les modes de scolarisation des enfants à haut potentiel et leurs effets. » Psychologie Française 49(3) : 337-352. De nombreux modes de scolarisation des enfants à haut potentiel intellectuel ont été expérimentés et chacun a ses partisans. Les études portant sur les effets de ces différents modes de scolarisation sont passées en revue. Les résultats montrent que le mode de regroupement des enfants n’a pas, en lui-même, d’effet important. Les effets sont surtout fonction des modifications introduites dans les programmes d’enseignement ou le rythme auquel ceux-ci sont enseignés (compactage, accélération, etc.). Les enfants qui ont à la fois un haut potentiel et l’envie d’aller plus vite, semblent pouvoir effectuer leur cursus en un ou deux ans de moins sans inconvénient apparent. On manque cependant d’études longitudinales fiables pour apprécier les effets à long terme de ces différents modes de scolarisation. Abstract. (PsycINFO Database Record (c) 2007 APA, all rights reserved) (from the journal abstract)

Lubart, T. I. and A. S. Georgsdottir (2004). « Créativité, haut potentiel et talent. » Psychologie Française 49(3) : 277-291.La créativité (à savoir, la capacité à réaliser des productions originales et adaptées à une tâche) est de plus en plus considérée comme une capacité essentielle chez les enfants à haut-potentiel, communément appelés « surdoués ». Dans cet article, nous examinerons tout d’abord les différents points de vue sur la créativité des enfants à haut potentiel. Les mesures du potentiel et du talent créatifs seront présentées, ainsi que les études sur le développement de la créativité. Nous considérerons ensuite la place de la créativité dans l’éducation des enfants à haut potentiel. Enfin, nous discuterons les implications et retombées des études sur la créativité pour l’enfant à haut-potentiel, en proposant quelques pistes de recherche et des possibilités d’application éducative ciblées sur la créativité. (PsycINFO Database Record (c) 2007 APA, all rights reserved) (from the journal abstract)

Mouchiroud, C. (2004). « Haut potentiel intellectuel et développement social. » Psychologie Française 49(3) : 293-304. La première partie de cet article présente une revue des positions théoriques et des études empiriques concernant la question de la spécificité du développement social des enfants à haut potentiel. Les recherches ne permettent pas de donner une réponse univoque, la multiplicité des paramètres et des procédures d’évaluation de l’ajustement social et les différentes opérationnalisations du haut potentiel pouvant expliquer en partie des résultats contradictoires. Dans la seconde partie, le développement des aptitudes sociales est abordé dans le cadre des théories modulaires de l’intelligence et de la créativité. Il s’avère ainsi nécessaire de prendre en compte la notion de précocité sociale si l’on souhaite perfectionner les procédures d’identification et soutenir la réalisation de l’ensemble des potentiels de l’individu en développement. (PsycINFO Database Record (c) 2007 APA, all rights reserved) (from the journal abstract)

Pereira-Fradin, M ; Jouffray C. (2006). « Les enfants à haut potentiel et l’école : Historique et questions actuelles. » Bulletin de Psychologie 59. Les relations entre l’école et les enfants à haut potentiel est un sujet très sensible, traité différemment selon les pays et les époques. Après avoir repris quelques éléments historiques permettant de comprendre la situation actuelle en France et à l’étranger, nous présentons les principaux modèles auxquels se réfèrent les professionnels de l’éducation en charge de cette population. Si l’on excepte la théorie de l’intelligence générale, sur laquelle se fondent les échelles de Wechsler très utilisées dans ce secteur de l’éducation, les deux théories de l’intelligence les plus souvent citées sont celles de Sternberg et de Gardner. Les modèles éducatifs dévelqppementaux privilégiés à l’heure actuelle étant ceux de Renzulli et de Gagné.

à propos du Q.I.

Les tests d’intelligence Michel Huteau et Jacques Lautrey. Edition Repère.

Note de l’éditeur : Malgré la popularité du QI, les tests d’intelligence demeurent assez mal connus. Certains pensent qu’ils permettent de dévoiler des potentialités insoupçonnées, tandis que d’autres les jugent stupides. Certains les considèrent comme des outils d’évaluation utiles pour diagnostiquer l’origine des difficultés rencontrées par les personnes, tandis que d’autres estiment qu’ils servent surtout à justifier les inégalités et sont socialement dangereux. Technique d’observation des conduites apparue il y a près d’un siècle, les tests d’intelligence sont très divers. Ils ont été utilisés avec des objectifs tout aussi variés et ont suscité de nombreux débats. Cet ouvrage précise le contexte dans lequel sont nés les tests d’intelligence, expose les principes et règles méthodologiques de leur construction et présente les grandes catégories de tests actuellement en usage. Il traite également des polémiques qui ont jalonné l’histoire des tests, de leur place dans les pratiques de psychologues aujourd’hui et des problèmes éthiques et déontologiques de leur usage.

Examen clinique de l’intelligence de l’enfant Jacques Gregoire. Edition Mardaga.

Note de l’éditeur : Les échelles de Wechsler sont aujourd’hui les tests d’intelligence les plus largement utilisés par les psychologues français, en particulier dans leur version pour enfants et adolescents. L’auteur a été le premier à proposer un ouvrage de base en français consacré à cette version du test, rapidement devenu une référence utilisée par les formateurs et les praticiens. Après deux éditions consacrées d’abord au test WISC-R en 1992, puis au test WISC-III en 2000, le présent ouvrage présente la nouvelle mouture du test, le WISC-IV. L’auteur a assuré la supervision scientifique de l’adaptation française de ce test, qu’il utilise dans sa propre pratique clinique. Son livre propose une méthode scientifiquement solide d’interprétation des résultats au WISC-IV. Cette méthode est aujourd’hui enseignée dans de nombreuses universités françaises.

Articles en français publiés dans des revues à comité de lecture

Bessou, A., C. Montlahuc, et al. (2005). « Profil psychométrique de 245 enfants intellectuellement précoces au WISC-III. » A.N.A.E. Approche Neuropsychologique des Apprentissages chez l’Enfant 17 : 23-28. Cet article présente le profil psychométrique de 245 enfants intellectuellement précoces au WISC-III. L’objectif est d’ analyser de manière descriptive le profil psychométrique d’un groupe d’enfants intellectuellement précoces pour en dégager les caractéristiques principales. Pour cela, les auteurs ont procédé au recrutement de 245 enfants intellectuellement précoces ayant obtenu un QI global supérieur ou égal à 130 au WISC-III. À partir de ces dossiers, les moyennes ont été calculées aux différents subtests. Des sous-groupes isolant les variables sexes, niveau de QIT et valeur de la différence QIV/QIP ont été également réalisés. Les résultats indiquent que les épreuves les mieux réussies sont celles des similitudes et de compréhension, subtests appartenant à l’échelle verbale. Seul le subtest de code qui appartient à l’échelle de performance, chute de façon évidente. Ces résultats sont en faveur d’un profil psychométrique propre aux enfants intellectuellement précoces. Les caractéristiques de ce profil semblent correspondre à l’aisance verbale décrite chez ces enfants ainsi qu’aux difficultés graphomotrices également constatées. (PsycINFO Database Record (c) 2007 APA, all rights reserved) (from the journal abstract)

Jambaqué, I. (2004). « Contribution de la neuropsychologie développementale à l’étude des sujets à haut potentiel : Une revue de questions. » Psychologie Française 49(3) : 267-276. La neuropsychologie développementale s’intéresse au développement cognitif en relation avec la maturation et la plasticité cérébrales. Un courant de recherche étudie les corrélations physiologiques de la précocité intellectuelle permettant d’envisager les bases neurobiologiques de l’intelligence. Une partie de la littérature souligne également les aspects dyssynchroniques de même que la fréquente disparité des aptitudes chez les sujets à haut potentiel. L’étude des capacités exceptionnelles pourrait donc contribuer à enrichir nos connaissances sur l’organisation de l’architecture fonctionnelle cognitive en prenant mieux en compte les différences individuelles. (PsycINFO Database Record (c) 2007 APA, all rights reserved) (from the journal abstract)

Planche, P. (2005). « Le fonctionnement et le développement cognitif de l’enfant intellectuellement précoce : Quelques spécificités. » A.N.A.E. Approche Neuropsychologique des Apprentissages chez l’Enfant 17 : 16-22. Cet article propose en premier lieu une étude du fonctionnement cognitif des enfants intellectuellement précoces. En situation de résolution de problème, ces sujets mettent en oeuvre des capacités de généralisation et de transfert d’un mode de réponse, des processus d’inhibition et d’activation de schèmes qui montrent un fonctionnement particulièrement mobile caractérisé par un contrôle soutenu de l’activité cognitive. À partir de ces résultats, un modèle de développement pluridimensionnel est proposé.

Siaud-Facchin, J. (2004). « Comprendre les difficultés d’apprentissage de l’enfant surdoué : un fonctionnement intellectuel singulier ?. » Neuropsychiatrie de l’Enfance et de l’Adolescence 52(3) : 142-147. L’exploration clinique attentive du fonctionnement cognitif et affectif de l’enfant surdoué permet de repérer des singularités de fonctionnement intellectuel qui donnent sens aux difficultés scolaires que rencontre classiquement cette population d’enfants. Les modalités spécifiques d’organisation de leur pensée, de leur mode de raisonnement, de leurs procédures de résolution de problèmes mais aussi leur affectivité envahissante qui imprègne tout acte cognitif permet de mieux comprendre comment ces enfants à l’intelligence atypique peuvent constituer une population à risque sur le plan scolaire comme psychologique. L’article présente un éclairage clinique sur la différence de pensée de ces enfants qui ne sont pas quantitativement plus intelligents mais qui pensent qualitativement différemment. Les difficultés d’apprentissage peuvent alors être mieux comprises et acceptées comme une conséquence de ces singularités de la pensée. (PsycINFO Database Record (c) 2007 APA, all rights reserved)

Vrignaud Pierre. (2006). « La scolarisation des enfants intellectuellement précoces en France : présentation des différentes mesures et de résultats de recherches. » Bulletin de psychologie, 59 (5), p. 439-449. Après avoir rapporté les discussions à propos de la scolarisation des enfants intellectuellement précoces (EIP) en France, on brosse un panorama des différentes mesures pédagogiques existantes. Des résultats de recherches portant sur les difficultés d’adaptation des EIP dans le système scolaire français sont ensuite présentés. Ils portent 1° sur l’estimation de la fréquence des EIP ayant des difficultés ; 2° sur le comportement des EIP, à partir d’un ensemble de variables conatives ; 3° sur l’effet de programmes pédagogiques à l’intention des EIP (résultats d’une méta-analyse internationale). Les résultats ne permettent pas de valider l’hypothèse de difficultés spécifiques des EIP et montrent un effet limité des dispositifs pédagogiques.

Articles en anglais publiés dans des revues à comité de lecture

Monks, F. J., M. W. Katzko, et al. (2005). Giftedness and Gifted Education. New York, NY, US, Cambridge University Press. This chapter looks at giftedness and gifted education. The authors start off by giving some definitions of the word giftedness, and the theories behind those definitions. The authors then discuss how their conception of giftedness compares with other conceptions, the identification of gifted individuals, gifted education, and assessment of gifted individuals. (PsycINFO Database Record (c) 2007 APA, all rights reserved) (from the create)

Porath, M. (2006). « Introduction : A developmental view of giftedness. » High Ability Studies 17(2) : 139-144. This special issue focuses on a developmental view of giftedness. A developmental perspective on giftedness is in consonance with current views that recognize the dynamic nature of developing abilities and the importance of understanding the processes involved in, and the pathways to, gifted performance. The papers span early childhood to adolescence and a variety of domains-mathematics, narrative, and spatial-artistic. Together, the papers provide a fine-grained view of what makes giftedness from a neo-Piagetian perspective, resulting in a ’design for development’ that has strong educational implications. A developmental perspective on giftedness provides a way of capturing the emergent nature of giftedness through articulation of its characteristics at different points in development. Contemporary work in psychology and intelligence questions the absolute, static view of giftedness embodied in traditional notions of giftedness, as defined by superior performance on an intelligence test. There is such developmental diversity among children and adolescents with high IQs that it makes the definition of little use in fostering development in a holistic fashion. The papers in this issue highlight what constitutes giftedness in different domains and raise questions about its developmental course. They suggest that giftedness is more complex than a unitary view can capture. (PsycINFO Database Record (c) 2007 APA, all rights reserved)

Subotnik, R. F. (2003). « A Developmental View of Giftedness : From Being to Doing A Developmental View of Giftedness : From Being to Doing. » Roeper Review 26(1) : 14-15. This article presents a developmental view of giftedness. The author presents two scenarios that rationalize a developmental approach to giftedness. The first scenario analyzed is that of Sonia, a five year old who scores in the 99th plus percentile on an individualized IQ test. The second scenario analyzed is that of a child Ellen, who is tested by a psychologist and is found to be in the 99th plus percentile on an individual IQ test. Following presentations of these scenarios, the author identifies people in the developmental field whose work has formed her views on this topic. Finally, the author makes brief comments about implications for identification and programming.

Vrignaud, P., D. Bonora, et al. (2005). « Counselling the Gifted and Talented in France : Minimizing Gift and Maximizing Talent. » International Journal for the Advancement of Counselling 27(2) : 211-228. After a presentation of the French school system, we describe how the three principal practices—acceleration, enrichment, and special classes—for the education of the gifted are functioning in France. Then, we deal with the counselling of the gifted through 1) the presentation of the professional involved in these tasks, 2) the role played by the parent associations of gifted children, and 3) the identification practices. For the talented, there are many practices, from primary education onwards, which allow schooling to be reconciled with sports studies or artistic tuition. The concept of « dual project » is introduced : the need for sportsmen/women to elaborate their career plan at the same time as their sporting project. The conclusion stresses that in France, measures for the gifted are not clearly laid out ; whereas, provisions benefiting from clear and explicit information have been made for the talented and are encouraged by various institutions. (PsycINFO Database Record (c) 2007 APA, all rights reserved) (from the journal abstract)

Winner, E. (2000). « The origins and ends of giftedness. » American Psychologist 55(1) : 159-169. Five issues about giftedness are discussed. First, the origins of giftedness are explored. The view that giftedness is entirely a product of training is critiqued. There is indirect evidence for atypical brain organization and innate talent in gifted children : Many gifted children and savants have enhanced right-hemisphere development, language-related difficulties, and autoimmune disorders. Second, the intense motivation of gifted children is discussed. Third, it is argued that gifted children have social and emotional difficulties that set them apart. Fourth, evidence for the often uneven cognitive profiles of such children is presented. Finally, the relationship between childhood giftedness and « domain » creativity in adulthood is discussed. Few gifted children go on to become adult creators because the skills and personality factors required to be a creator are very different from those typical of even the most highly gifted children. (PsycINFO Database Record (c) 2006 APA, all rights reserved). (from the journal abstract)

Les revues scientifiques spécifiques au haut potentiel

Gifted and Talented International Revue associée au Wold Council for Gifted and Talented Children (voir organisations internationales). Cette revue éditée 2 fois par an publie des recherches empiriques originales et des articles théoriques.

High Abilities Studies Revue associée à l’European Council for High Ability (voir organisations internationales). Editée 2 fois par an elles proposent différents articles de différentes disciplines (éducation, psychologie…) liée au développement des capacités intellectuelles. Cette revue propose des articles aussi bien portant aussi bien sur les enfants que les adultes.

The Journal for the Education of the Gifted Ce journal regroupe des articles théoriques et des recherches scientifiques liés à l’éducation et aux besoins psychologiques des enfants à haut potentiel. Ce Journal est la publication officiel de « The Education of the Gifted ».

Roeper Review Cette revue est publiée par la Roeper School au Michigan, U.S.A. Elle est destinée aux professionnels travaillant dans le domaine des enfants à haut potentiel. Elle propose des articles théoriques et des travaux originaux.

Gifted Child Quarterly Revue historiquement importante dans la thématique puisque publiée depuis 1957. elle est associée à la « National Association for Gifted Children (NAGC) ». elle publie des recherches concernant le développement du haut potentiel dans les contextes de l’école, la famille et la société. Elle publie aussi des articles liées aux politiques d’éducation.

Ouvrages cités à titre indicatif

La culture des surdoués ? Marika Bergès-Bounes et Sandrine Calmettes-Jean. Editions Eres, 247 pages

Editorial : Mais que cache donc l’inflation actuelle du signifiant « sur-doué » ? À partir d’une stricte définition liée aux résultats des tests d’efficience intellectuelle, devient actuellement surdoué ou enfant intellectuellement précoce celui qui en présente le « profil psychologique », ou la dyssynchronie caractérisée par un dysfonctionnement secondaire, évocateur des notions de dysharmonie évolutive ou de troubles instrumentaux… Cette classification établit une nosographie basée sur des critères cognitifs primant sur les considérations cliniques fondatrices de notre pratique, qu’elle va même jusqu’à renverser, puisque ce dont souffriraient ces enfants ne serait plus que l’effet de leur précocité intellectuelle ; avec le risque que cette précocité se trouve posée dans la culture enseignante comme étiologie de diverses inadaptations scolaires. D’où vient donc cet attachement récurrent et obstiné à la valeur de l’intelligence ? Cherche-t-il une fois de plus à éluder la question du désir et des théories sexuelles infantiles ? Que vient masquer la reprise dans la dynamique familiale de ce signifiant érigé dans le social ? Ne peut-on craindre que ces enfants, à faire ces économies, n’en paient ultérieurement et diversement le prix, selon ce qui, là, leur est demandé de soutenir ou de mimer comme objet au regard de l’idéal ?

Enfants surdoués : un nouveau regard. Comment accompagner les enfants intellectuellement précoces ?Coordonné par André Giordan et Monique Binda

Qui n’a jamais rencontré un enfant, un adolescent, un adulte dont les remarques, les réflexions, les analyses, l’humour, créations, les inventions… ne correspondaient pas, paradoxalement à son piètre parcours scolaire ou à son échec professionnel ? Pourquoi ? L’explication est dans ce livre. Dirigé par André Giordan, directeur du laboratoire de didactique et épistémiologie de l’université de Genève et Monique Binda, Présidente de la fédération ANPEIP, Association Nationale Pour les Enfants Intellectuellement Précoces.

Petit surdoué deviendra grand : De l’enfant précoce à l’adulte surdoué Sophie Côte. Edition Albin Michel, 192 pages.

Note de l’éditeur : Les parents d’enfants précoces s’inquiètent beaucoup de leur avenir, en particulier lorsque ceux-ci ont des problèmes scolaires. Ils pourront trouver dans cet ouvrage, grâce à des parcours de vie de jeunes adultes, ayant eux-mêmes été des enfants précoces, des pistes de réflexions ….Sophie Côte, l’auteur de Doué, surdoué, précoce, montre comment ces adultes s’en sont plus ou moins bien sortis afin de mettre en évidence les erreurs que les parents auraient intérêt à éviter.

Les formes de l’intelligence Howard Gardner. Edition Odile Jacob, 476 pages.

Note de l’éditeur : On a longtemps cru que l’intelligence était une faculté unique, mesurable et bien définie, dont chacun de nous héritait. Ce livre démontre le contraire. Il existe au moins sept formes d’intelligence, indépendantes les unes des autres, ayant chacune ses propres forces et contraintes : l’intelligence linguistique, la logico-mathématique, mais aussi la musicale, la spatiale, la kinesthésique… Dès lors, comment former l’esprit d’un enfant ? Comment évaluer ses compétences intellectuelles ? Comment adapter les programmes d’études pour que chacun ait sa chance ? Dès sa publication aux États-Unis, ce livre a été salué dans le monde entier par les psychologues et les éducateurs comme un ouvrage majeur. Aujourd’hui, la théorie des intelligences multiples est appliquée dans des centaines d’écoles. Professeur à l’université de Harvard, aux États-Unis, Howard Gardner est l’auteur de nombreux ouvrages à succès consacrés à la psychologie et à l’intelligence.

Enfants exceptionnels : Précocité intellectuelle, haut potentiel et talent. Coordonné par le Pr Todd Lubart. Edition Bréal, 271 pages.

Ce livre à destination des étudiants contient différents chapitres spécifiques : Concepts, définitions et théories, Les différences individuelles chez les enfants à haut potentiel. Approfondir : L’identification des enfants à haut potentiel : vers une approche multidimensionnelle ; Approche cognitive : l’étude de calculateurs prodiges et d’enfants à haut potentiel en mathématiques ; Approche développementale et neuropsychologique des enfants à  » hautes potentialités  » ; Aspects socio-émotionnels du haut potentiel ; Approche clinique des enfants à haut potentiel Approches psychopathologiques des enfants surdoués ; Modes de scolarisation des enfants intellectuellement précoces ; Sous-réalisation chez les enfants à haut potentiel approches, conseils et solutions.

L’enfant surdoué Jeanne Siaud-Facchin. Editions Odile Jacob, 252 pages.

Note de l’éditeur : Les enfants surdoués ne sont pas les petits prodiges que l’on croit. Ce ne sont pas des êtres pour qui tout est plus facile, mais au contraire, des enfants fragiles que leur différence rend plus vulnérable. Enfant surdoué, enfant en danger, pourrait-on presque dire. Véritable éponge émotionnelle, l’enfant surdoué ne connaît pas l’insouciance qu’on prête habituellement aux jeunes années : il comprend tout, il est « branché » en permanence sur les gens, leurs émotions et le monde qui l’entoure. Son hyperréceptivité le conduit à percevoir plus que les autres les bruits, les odeurs et les informations visuelles qui sont pour lui une source permanence de vigilance. Il lui est plus difficile de construire son identité, car comment pourrait-il s’identifier à ces autres enfants qui ne lui ressemblent pas, à ces parents dont il perçoit toutes les failles, les angoisses, et dont il n’a pas toujours l’impression qu’ils peuvent le protéger. Il connaît, plus que les autres enfants, la peur et l’anxiété. Pourtant, si les parents et les enseignants savent le comprendre, alors il saura s’épanouir et mettre à profit les immenses richesses de sa personnalité et de ses capacités. Ce livre pratique a pour but de les guider dans le dépistage de la « précocité ».

Les enfants surdoués ou la précocité embarrassante. Jean Charles Terrassier. Editions ESF, 143 pages.

Note de l’éditeur : En 35 ans, Jean-Charles Terrassier, psychologue de l’enfance, a aidé plusieurs milliers d’enfants intellectuellement précoces à s’épanouir malgré un environnement souvent peu propice à répondre à leurs particularités et à leurs besoins. Il analyse dans ce livre les particularités du développement des enfants surdoués, grâce à des démarches et des concepts novateurs (dyssynchronie, somatotypie). Ce faisant, il permet de mieux comprendre les facilités et les difficultés de ces enfants. J.-C. Terrassier présente également une méthode nouvelle et complémentaire pour évaluer l’intérêt d’une prise d’avance scolaire, la méthode du QI compensé.

Enfants surdoués en difficulté : De l’identification à une prise en charge adaptée. Coordonné par le Pr Sylvie Tordjman. Presses Universitaires de Rennes.

Note de l’éditeur : ouvrage consacré aux enfants surdoués en difficulté. Nous espérons, par ce livre, sensibiliser toutes les personnes concernées par la précocité intellectuelle, au travers d’une approche multidisciplinaire impliquant les parents, les équipes pédagogiques, les chercheurs, les psychothérapeutes et les services publics de psychiatrie infanto-juvénile, pour que puissent émerger des perspectives communes sur un dépistage précoce ainsi qu’une prise en charge thérapeutique et scolaire adaptée aux enfants surdoués en difficulté, dont la souffrance est souvent méconnue. Rappelons cependant, que tous les enfants présentant des troubles du comportement ne sont pas des surdoués, et que les enfants surdoués ne sont pas tous en difficulté. Notre préoccupation est de permettre à tous les enfants concernés de sortir de leurs difficultés, afin que leur haut potentiel soit utilisé avec une ouverture sur l’environnement extérieur (vers une créativité et une amélioration des interactions sociales), et ne devienne pas un handicap.

Surdoues. mythes et réalités Winner Ellen. Editions Aubier Montaigne, 455 pages.

Note de l’éditeur : Les surdoués font l’objet d’un certain nombre d’idées reçues, volontiers contradictoires. Pour certains, ce sont des enfants ordinaires, modelés par des parents trop ambitieux qui les privent d’une enfance  » normale  » : pour d’autres, au contraire, les surdoués possèdent des gènes spécifiques. Et chacun sait que leur QI atteint des sommets veritigineux, qui leur permet de jongler aussi bien avec les mathématiques qu’avec le langage. Et s’il ne s’agissait là que de contre-vérités, voire de fantasmes ? Le surdoué a-t-il nécessairement de bons résultats à l’école ? Quand un enfant de trois ans maîtrise les lois de perspective, doit-on se contenter d’évoquer son  » talent « , réservant la qualité de surdoué à ceux qui excellent dans les disciplines dites nobles ? Ne faut-il pas, enfin, remettre en cause la pertinence du QI, cet instrument forgé seon une conception globale de l’intelligence ? Le monde des surdoués est plus complexe qu’il n’y paraît : derrière le mythe, fascinant et inquiétant, Ellen Winner nous dévoile la réalité d’une enfance à la fois prometteuse et fragile.

Enfants surdoués : arrêtons le gachis ! Renucci Carole. Editions Bayard, 150 pages.

Note de l’éditeur : Une première image surgit, très fausse : celle d’enfants sur-stimulés par leurs parents, bêtes de foire qui passent le bac à 12 ans et entrent à HEC à 13… Puis des chiffres, beaucoup moins connus : environ 400 000 enfants concernés, dans toutes les classes sociales. Seulement un tiers d’entre eux réussit scolairement. Un tiers végète, un tiers échoue. Et le combat quotidien de parents désemparés, face à un systèmpe d’éducation qui peine à reconnaître la spécificité de ces élèves, souvent en souffrance, et se prive ainsi d’une partie de ses meilleurs éléments. C’est alors une question qui s’impose : que fait la FRance alors que d’autres pays autour d’elle accompagnent depuis longtemps ces élèves particuliers ?

Définition des EHP

Terminologie

Plusieurs termes différents existent pour dénommer les individus présentant des capacités et/ou des performances intellectuelles exceptionnelles. Le rapport européen Eurydice illustre d’ailleurs cette diversité dans la terminologie employée en Europe (voir rubrique « rapports officiels »).

Les termes français utilisés sont : « surdoué », « précoce », « talent », « génie ». Les termes anglo-saxons utilisés sont : « gifted » signifiant doué et « high ability » signifiant aptitude élevée. Ces expressions évoquent néanmoins des aspects différents quant aux capacités intellectuelles exceptionnelles.

Comme le note J. Lautrey (2004), les termes « gifted » et « surdoué » renvoient à la notion de don : dans les représentations le talent correspondaient à un don des Dieux (antiquité). Le terme « précocité » ne présente pas de connotations quant à l’origine des capacités. En revanche il est associé à l’avance observée dans le développement de l’enfant. « Aptitude élevée » désigne surtout les dispositions intellectuelles héréditairement fixées. Le terme talent renvoie à des domaines d’expertise particuliers notamment les disciplines artistiques (musique, arts plastiques…).

Le terme le plus adapté selon notre approche est « haut potentiel ». Il renvoie à la notion de disposition sans qu’il y ait néanmoins de représentation génétique associée. Par ailleurs, il est plus générique que d’autres termes dans le sens où il ne réfère pas à un domaine d’expertise spécifique.

Différences individuelles

Parler d’enfant à haut potentiel (EHP), c’est souvent, implicitement ou explicitement, en comparaison à un enfant « typique » ou « tout-venant ». Il y a en effet à la base de la représentation des EHP une notion de différence « quantitative ». Ainsi, c’est de prime abord un Quotient Intellectuel élevé (significativement au-dessus de la moyenne du groupe) qui permettrait de caractériser un enfant à haut potentiel. Cependant des composantes qualitatives permettent de relativiser une identité de l’EHP uniquement fondée sur un niveau extrême, exceptionnel, atypique d’intelligence.

Des intelligences

Il y a d’abord des différences qualitatives liées au type d’intelligence. Plusieurs théories décrivent l’existence de différents types d’intelligence (Thorndike, 1920 ; Gardner, 2004, Sternberg 1988). Pour Gardner par exemple, il y aurait en plus des intelligences verbo-linguistique et logico-mathématiques, les intelligences visuo-spatiale, musicale-rythmique, corporelle-kinesthésique, interpersonnelle, intrapersonnelle, et naturaliste. Cette conception pluraliste permet de mettre en évidence des différences entre des EHP en terme de domaine de compétences spécifiques. Ainsi Maker se base sur les intelligences multiples proposées par Gardner pour mettre en place une identification des EHP (Programme Discover).

Des dimensions non intellectuelles

Par ailleurs des dimensions non intellectuelles (ou non exclusivement intellectuelles) peuvent être prises en compte dans l’identification des EHP. Tannenbaum (1986) précise ainsi qu’en plus de l’intelligence et des capacités spécifiques, certaines variables de personnalité (persévérance, force du moi…) font que les enfants à haut potentiel sont « qualitativement » différents des autres. Des caractéristiques motivationnelles et socio affectives peuvent aussi être prise en compte pour distinguer les EHP des autres enfants. Il apparaît donc utile d’envisager une approche multidimensionnelle pour caractériser les enfants à haut potentiel. Plusieurs auteurs ont ainsi développé des approches du haut potentiel sur la base de plusieurs dimensions ou domaines. Renzulli (2002) par exemple, propose le « modèle des 3 anneaux » où les capacités, la créativité et l’engagement sont des composantes nécessaires à l’identification du haut potentiel.

Des typologies

Au final, l’existence de ces perspectives qualitatives indiquent que les enfants à haut potentiel ne forment pas un groupe homogène : puisque différentes caractéristiques existent, il apparaît difficile de déterminer un profil unique d’EHP (Pereira-Fradin, 2006). Certains auteurs proposent ainsi des typologies distinctes pour décrire ces enfants. Meecker (1979) propose par exemple de distinguer les EHP présentant un raisonnement divergent (i.e. orientés vers plusieurs solutions possibles à un problème) des EHP avec un raisonnement plutôt convergent. Betts et Kercher (1999) propose six profils possibles d’EHP en fonction de leurs réussites scolaires : EHP performants, EHP extravertis et créatifs, EHP à haut potentiel inhibés, EHP sous réalisateurs, EHP avec troubles, EHP autonomes.

1. Betts, G. & Kercher, K. (1999). Autonomous Learner Model : Optimizing Ability. Greeley, CO : ALPS. 2. Gardner, H. (2004). Lee intelligences multiples. Paris, Retz. 3. Meeker, M. N. (1979). Curriculum guide for the gifted. California Departement of Education, Sacramento , Californie 4. Pereira-Fradin, M. (2006). Les enfants à haut potentiel et l’école. A.N.A.E., 87, 28-31 5. Renzulli, J. S. (2002) Emerging conceptions of giftedness : building a bridge to the new century,. Exceptionality, 10, 67–75 6. Sternberg R. J. (1988). The triarchic Mind : A new theory of human intelligence. New-York, Viking-pinguin. 7. Tannenbaum, A. J. (1986). Giftedness : A psychosocial approach. In R. J. Sternberg & J. E. Davidson (Eds.), Conceptions of giftedness (pp. 21-52). New York : Cambridge University Press. 8. Thorndike, R.K. (1920). « Intelligence and Its Uses », Harper’s Magazine 140, 227-335

Formation « Les enfants à haut potentiel : caractéristiques et prise en charge »

Projet proposé au Centre de Formation Continue de l’Université Paris Descartes et coordonné par le Dr Maria-Pereira Fradin.

L’objectif de ce certificat est d’offrir aux participants des connaissances scientifiques et des outils pratiques pour aider à mieux comprendre les besoins spécifiques des enfants à haut potentiel et à répondre aux questions de l’identification, de la prise en charge et de la gestion relationnelle de l’enfant.

Cette formation de 56 heures est prévue sur 7 jours. Les dates précises pour 2009 seront indiquées dans la rubrique programme. Pour plus d’informations vous pouvez également consulter le sitede l’université Paris Descartes (rubrique formation continue)

Inscription et informations : Université Paris Descartes – Service Commun de Formation Continue (SCFC) 45, rue des Saints-Pères 75006 Paris Secrétariat : Nadège CAVE : 01 42 86 22 18

Télécharger la fiche d’inscription (PDF)

Formation « Les enfants à haut potentiel : questions théoriques et pratiques »

Cette formation aura lieu les 15 et 16 janvier 2009 à l’Institut de Psychologie, Université Paris Descartes. Les principaux thèmes abordés seront les caractéristiques cognitives et conatives des enfants à haut potentiel, l’hétérogénéité des profils, le haut potentiel créatif et les pratiques scolaires (bilans et exemples). Cette formation gratuite n’est accessible que sur invitation, elle a pour objectif de fournir des informations scientifiques à des professionnels impliqués auprès de ces enfants. Informations complémentaires disponibles en laissant un message dans la rubrique « contact ».

Autres formations

L’Unité pour Surdoués en Difficultés (CHU Guillaume Régnier, Rennes, Direction Dr Sylvie Tordjman) organise régulièrement des formations autour du haut potentiel. Le but de ces formations est de « sensibiliser, informer et former toutes les personnes travaillant avec des enfants intellectuellement précoces au travers d’une approche multidisciplinaire impliquant les psychologues, pédopsychiatres, psychomotriciens, orthophonistes, mais aussi enseignants ».

Manifestations scientifiques

Ci dessous sont listées, par ordre chronologique, les prochaines manifestations scientifiques liées au haut potentiel

Onzième conférence internationale de l’European Council for High Ability (ECHA 2008)

Ce colloque international aura lieu du 18 au 21 septembre à Prague. Le but de cette conférence est d’amener des experts du monde entier à partager leurs connaissances et leurs experiences concernant l’éducation des enfants à haut potentiel. Pour plus d’informations voir le site www.echa2008.eu/welcome.html

Conférence internationale du World council for Gifted and Talented Children 2009

Cette conférence aura lieu à Vancouver (Canada) du 3 au 7 août 2009. Les détails de ce colloque sont disponibles sur le site du congrès. Comme pour les colloques de l’ECHA et Excellence in Education, ce colloque réunit des experts internationaux. Voir le site www.worldgifted2009.com

Douzième conférence internationale de l’European Council for High Ability (ECHA 2010)

Cette conférence doit se dérouler à l’institut de Psychologie de l’Université Paris-Descartes (Boulogne Billancourt) en juillet 2010.